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Rubrique des Invités = Textes à méditer       Publier un texte ?

Surface & Profondeur   de Jean Pierre Meyran

Sans cesse change la surface du cœur,

Qu'il rie, qu’il chante, qu'il prie, qu’il pleure.

Sans cesse change la surface du cœur,

Qui raconte si peu de choses sur la profondeur.

 

Et pourtant, il est un point où rien ne change,

Il est un point où plus rien ne dérange,

Ni le cri, ni le pleur, ni le rire ni la peur.

Il est un point sourd à la surface

Puisqu'il raconte autre chose,

Puisqu’il est à l’écoute d’autre chose

Que la surface ignore et désire à la fois.

Il est un point au cœur du cœur 

Qui aime le silence, mais qui parfois, se dit:

Si sa parole alors sourd à la surface,

Alors je saurai que les deux se sont entendus,

Et qu’ils se sont réunis.

O’TANKAY VOIX DES TERRES  -  JP MEYRAN

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L’histoire du Cheval qui voulait devenir Cavalier  -  Johann Henry

Il était un Cheval qui vivait paisiblement dans un troupeau. Sa vie était simple et agréable, rythmée par les saisons et les amours.

Quelque part, un Cavalier méditait sur la Grandeur de la Vie et la Nécessité de Servir.

Un jour le Cheval partit. Il découvrit le Monde et se mit à sa conquête. Il aimait cette Liberté mais la détestait tout autant, car si elle pouvait le mener partout, il savait qu’au fond elle ne le menait nulle part.

Le Cavalier, souriant, se rapprocha du Monde.

Une nuit, le Cheval fit un rêve : il vit un Cavalier, magnifique et lumineux, sage et puissant. Dès le lendemain, il mit des vêtements de cavalier, et s’assit au pied d’un arbre prenant l’air grave et sérieux, et commença à méditer.

Le Cavalier approcha. Il se retint de rire devant l’accoutrement et l’air si concentré du Cheval mais, avec tendresse et bienveillance, il posa sa main sur lui et dit :

« Ami ! Nous sommes attendus quelque part, là où la Fraternité a soif de Lumière. Es-tu disposé à te laisser guider ? »

Ouvrant les yeux, le Cheval n’en revint pas. « Ô Maître ! J’ai rêvé si fort de vous, et voici que vous venez jusqu’à moi pour m’instruire et me dire comment devenir Cavalier! Je suis votre Serviteur et je ferai tout, absolument tout ce que vous me demanderez ! »

Le Cavalier sourit : « Il ne s’agit pas pour toi de devenir Cavalier, Ô Ami. Tu es fort et rapide, tu connais le Monde et tu as appris à l’aimer. Moi, je connais la Lumière, la Fraternité et la Beauté. Ensemble, nous pouvons réaliser la Vie. »

Déçu, le Cheval refusa. « Je trouverai quelqu’un d’autre, qui m’enseignera ce que toi, tu me refuses. Je deviendrai Cavalier ! ». Et il retourna à sa méditation.

Le lendemain matin, et chaque jour qui suivit, le Cavalier revint trouver le Cheval en lui posant la même question avec un sourire énigmatique : « Es-tu disposé à te laisser guider ? ». Le Cheval, qui voulait plus que tout au monde devenir cavalier, faisait mine de ne pas entendre et continuait sa méditation.

Mais il sentait bien qu’il n’avançait guère dans son travail intérieur. Un jour qu’il était gravement malade et se sentait désespéré, il alla se rafraichir auprès de la rivière. En s’approchant de l’eau, il eut une vision très étrange : l’image reflétée n’était pas celle de son visage, mais celle du Cavalier qui, tous les jours, venait l’inviter à se laisser guider.

Le reflet s’adressa à lui : « Toi et moi sommes un, Ami ! Tu cherches à devenir Cavalier, mais tu l’es depuis la Nuit des Temps ! L’aurais-tu vraiment oublié ?... ».

Et, alors qu’il était encore sous le coup de la surprise, le Cheval entendit le Cavalier reposer cette question qu’il avait tant et tant entendue : « Ami… sommes-nous disposés, toi et moi, à cheminer ensemble, dans le Monde et pour le Monde ? ».

A la seconde où il acquiesça intérieurement, le Cheval sentit la Présence du Cavalier sur son dos. Au début, tous deux n’arrivaient pas à se comprendre. Maintes fois, le Cavalier fut désarçonné, maintes fois, le Cheval se trompa de direction, piétinant fleurs et escargots. Mais progressivement, ils accordèrent leur Force et leur Esprit et devinrent si proches qu’il n’était plus possible de les distinguer. Lorsque le Cheval voyait une irrégularité du terrain, le Cavalier en était automatiquement informé, et lorsque ce dernier pensait à un lieu où porter la Lumière, le Cheval se mettait immédiatement en route.

On raconte que depuis lors, ils travaillent aux côtés d’autres Frères qui servent la Vie et la Lumière aux quatre coins de la Terre.

 La Psychologie Unitaire - Johann Henry

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